Amboise
Ancien capitale des Turones, Amboise porta d'abord le nom d'"Ambatia" ("Vicus Ambatiensis", selon Sulpice Sévère au Ve siècle). A l'époque romaine, un camp était organisé par les romains sur la colline ; et une ville se développa à l'ouest du coteau opposé, où se trouve l'église Saint-Denis, avec Forum, temple, basilique. Ce quartier garda longtemps la désignation de « Vieille Rome ». Vers 374, Martin y envoya un de ses prêtres, nommé Marcellus, et lui recommanda à plusieurs reprises de détruire ce repaire d'idolâtrie. Mais une armée aidée de la population entière ne pouvait renverser ce monument imposant, et encore moins de quelques faibles moines : une tour ronde construite en pierre de taille et en forme de pyramide. Las d'attendre, Martin se rendit lui-même à Amboise. Il passa une nuit à prier. Le lendemain matin, un ouragan tellement puissant se déchaîna et démolit entièrement le temple. « Je tiens le fait de Marcellus qui en fut le témoin », dit Sulpice Sévère. Ce temple comportait sans doute un pilier de Jupiter semblable à celui qui a été reconstitué en partie à Yzeures-sur-Creuse.
Aussitôt Martin fit élever à la place une église, peut-être à l'emplacement de l'actuelle église Saint-Denis, et fonda ainsi la première église rurale de Touraine, comme l'atteste Grégoire de Tours. Puis vinrent les paroisses de Langeais, de Saunay, de Tournon-Saint-Pierre, de Ciran et de Candes. Ces paroisses ou diocèses se situaient loin du chef-lieu du diocèse, et constituaient en fait des relais spirituels dirigés par un clerc. Une moitié se situe sur un cours d'eau : Candes, au confluent de la Loire et de la Vienne, Amboise et Langeais sur la Loire. L'autre moitié se situe sur le plateau, deux au sud, Ciran et Tournon-Saint-Pierre, et une au nord, Saunay.
La plupart des églises bâties à cette époque gallo-romaine ont été ruinées par le temps et remplacées par la suite par des églises romanes. Mais on en retrouve souvent les traces, ainsi que celles des temples païens qui les précédaient, quand on procède à des fouilles. On trouve aussi à proximité, dans la plupart des cas, des restes de voies romaines. Au temps de Martin, les populations gallo-romaines dans les campagnes étaient relativement peu nombreuses et très dispersées. Les Romains, en créant de larges routes droites, munies de relais et de postes de gardes, attirèrent toute la circulation du commerce et des foires pour leur confort et leur sécurité. Aux carrefours se concentrèrent de gros villages, où se bâtirent des temples païens.
Amboise était une station de la route de Genabum (Orléans) à Juliomagus (Angers). Candes et Langeais étaient à proximité de la même route. Saunay était située sur un des ses embranchements et en outre, sur la voie qui conduisait de Tours à Autricum (Chartres), Tournon-Saint-Pierre sur la route de Tours à Argentomagus (Argenton)
En édifiant les nouvelles églises sur l'emplacement de ces temples, et en même temps aux principaux carrefours de la vie rurale du IVe siècle, Martin portait un coup mortel aux cultes païens et installait les nouvelles paroisses au cœur de la vie paysanne.
EGLISE SAINT-DENIS (à partir de 1107 - et du XVe au XIXe- Classée monument historique depuis 1968).
D'architecture romane, l'édifice fut commencé en 1107 par Hugues 1er, seigneur d'Amboise,à l'emplacement de la première église élevée au IVe siècle par saint Martin. Bâtie selon un plan simple de croix latine, l'église est dotée de chapiteaux richement sculptés. Précédée d'un escalier, la porte latérale en plein cintre percée dans la seconde travée du côté septentrionale a été reconstituée au XVe siècle. Au-dessus de la croisée du transept, s'élève le clocher rectangulaire construit au XIIe siècle et restauré au XVIIIe, à la suite d'un effondrement.
L'église primitive comprenait une nef et deux bas-côtés. Au XIXe siècle, le bas-côté sud a été modifié. Le chevet a été très remanié aux XVe et XVIIe siècles, notamment les fenêtres de l'abside à cinq pans.
A l'intérieur de l'église, on peut admirer un tableau représentant la Charité de saint Martin. Saint Martin est à cheval, il est en cavalier romain. Le pauvre, âgé, est agenouillé su le sol, il semble avoir froid, il tient dans ses bras son bâton. La scène se déroule en hiver, la neige recouvre le sol. Au loin, on voit la porte de la ville d'Amiens.
Les vitraux de l'église, de Lobin, datent de 18S0. On peut voir deux verrières dédiées à saint Martin, composées de cinq médaillons.
La première représente les scènes suivantes :
-Saint Martin accueilli par saint Hilaire
-Saint Martin bénit un clerc
-Fondation de Marmoutier
-Hésitations de l'Empereur Maxime au procès des Priscillianistes
-Guérison de la paralytique de Trèves
La deuxième représente :
-la Charité de saint Martin
-Saint Martin renverse l'idole sur le piédestal
-La Messe de saint Martin
-Saint Martin évêque de Tours
-La mort de saint Martin
CHATEAU ROYAL
De nombreux rois de France ont séjourné au Château royal d'Amboise, dont Louis XI, qui fut le plus assidu à se rendre au Tombeau de saint Martin à Tours, et qui fit même confectionner un treillis d'argent pour entourer les précieuses reliques à la Basilique Saint-Martin. Mais en 1522, pressé par de terribles problèmes d'argent, François Ier fit fondre la grille d'argent et la convertit en monnaie.
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