Saint-Martin-le Beau

Cette commune tire son nom de la commémoration de la victoire des Tourangeaux sur les Normands en 903. Après avoir brûlé Amboise et Bléré, ceux-ci vinrent assiéger la ville de Tours. Une brèche qu'ils réussirent à pratiquer dans la muraille allait leur permettre de rentrer dans la cité, quand l'archevêque et les clercs eurent l'idée de porter en procession sur cette brèche la châsse de saint Martin, leur protecteur, au-devant des assaillants. Se passa alors un étrange phénomène, autant les Normands pris de stupeur et de frayeur se mirent à tomber « les uns sur les autres comme s'ils avaient été sur de la glace », autant les Tourangeaux se sentirent remplis de courage et les firent s'enfuir jusqu'à…. Saint-Martin-le-Beau. Un dernier combat s'engagea où les Normands furent anéantis par les Tourangeaux. Ces derniers élevèrent alors sur le lieu du combat une église dédiée à saint Martin, en souvenir de son soutien miraculeux dans ce combat. En remerciement, le village prit le nom de Sanctus Martinus Belli ou Sanctus Martini de Bello (Saint Martin de la guerre). D'où vient le nom de Saint-Martin-le Bel, puis au 14ème siècle, Saint Martin le Beau.

Près du Champs de Deuil ou Champs Deux, existe le Fossé Rougé, « rougi par le sang des combattants », selon un dire local. On dit que cette scène se serait passée au lieu-dit Le Nouy.

A Tours, on peut voir dans la muraille de Caesarodunum une grotte qui servit de petit oratoire pour abriter la châsse lors de l'arrivée des Normands. La fête de la Subvention de saint Martin avait lieu le 12 mai et commémorait ce fait miraculeux.

Eglise Saint-Martin (XIIe et XVIe siècles)
La Chapelle primitive du Xe siècle a été remplacée au XIIe par un édifice constitué d'une nef de trois travées aboutissant à une abside semi circulaire couverte d'une voûte angevine et éclairée par quatre fenêtres accostées de colonnettes . Le clocher remonte au XIIe siècle.
Le portail (XIIe et XIXe siècles) : c'est un portail en plein cintre, l'un des plus beaux exemples d'art roman en Touraine, bien qu'il ait été restauré au XIXe siècle.
L'oculus (XVIe siècle), au-dessus de la porte en plein cintre, contient un vitrail du XIXe retraçant des épisodes de la vie de saint Martin. Au centre, se trouve la célèbre scène du manteau partagé à Amiens. Cette Charité est entourée de quatre autres scènes de la vie de saint Martin, dont l'épisode de la Subvention.
A l'intérieur de l'église, on peut voir :
-Charité de saint Martin, tableau sur toile, peinture premier quart du XVIIe siècle.
-Charité de saint Martin, tableau : saint Martin est à cheval, représenté en gentilhomme et non en soldat romain.
-Pose d'une dalle sur la tombe de saint Martin par saint Perpet, sainte Clotilde prie devant le tombeau, Hervé de Buzançais construit la Basilique, 1er vitrail de gauche en entrant.
-La Mort de saint Martin, l'Eté de la Saint Martin, l'apparition de saint Martin à Sulpice Sévère, 2e vitrail de gauche.
-L'arrivée de saint Martin à Tours, l'inhumation de saint Martin, l'arrivée de saint Martin au Paradis, 3e vitrail de gauche.
-La légende de la Subvention, la Réversion, pèlerins devant le Tombeau, 4e vitrail gauche.
-Trois autres vitraux représentent Le Baptême de saint Martin, la Messe de saint Martin et la Bénédiction d'Hilaire.
-Deux statues représentent saint Martin évêque, une autre saint Martin soldat.

Saint-Martin-Le-Beau est la cité des grands vins blancs au sein de l'appellation Montlouis. C'est le seul terroir viticole en France à porter le nom de saint Martin. La Confrérie de l'appellation, « la Coterie des Closiers de Montlouis », a pour saint Patron saint Martin. Elle tient sa cavée annuelle le troisième samedi du mois de novembre dans les caves Courtemanche.

En juillet 2006, la Garde Suisse pontificale, dont le patron est saint Martin, a dévoilé l'emblème des monuments martiniens au pied de l'église, à l'occasion du 500ème anniversaire de sa création, en présence du Maire.