Vouvray
La commune se nommait Vobridius au VIIIe siècle. Les vins de Vouvray ont acquis une très grande renommée, déjà établie au Xe siècle. A cette époque, la plus grande partie de son territoire appartenait alors à l'Abbaye de Saint-Martin. Vouvray est située à 10 kilomètres à l'est de Tours, dans la vallée de la Loire, en bordure de la Loire et de la Cisse, dont le confluent avec le fleuve se situe dans la commune.
Vouvray est construite en partie à flanc du coteau, dans lequel se nichent de nombreuses maisons troglodytes et caves de producteurs de vins. Sur le coteau, la commune compte de très nombreuses vignes. La Confrérie de l'appellation de Vouvray, « les Chevaliers de la Chantepleure », a pour patron saint Martin.
En 1995, dans le Clos historique de Rougemont, propriété de la ville de Tours, un hectare et demi de vigne a été replanté par un viticulteur de Vouvray, soit quelques 12000 pieds, dont une parcelle de 1600 plants non greffés (pour garder un caractère original et historique de la vigne et éviter les dégâts du phylloxéra). En 1996, la vigne a produit ses premières bouteilles de Clos de Rougemont, dont quelques-unes ont été offertes au Pape Jean-Paul II à l'occasion de sa venue à Tours pour la célébration du 1600e anniversaire de la mort de saint Martin.
LA VIGNE ET LA TRADITION POPULAIRE
Saint Martin est indissociable de la vigne; même mort, il reste proche de celle-ci puisque son corps reposa sur un lit de javelles (fagots de rameaux de vigne). A l'endroit même où son corps gisait, il poussa une vigne magnifique. Gilbert de Gembloux, venu des bords du Rhin, put admirer au Xlle siècle cette treille plusieurs fois centenaire, lors de son passage à Candes. Après sa mort, le tombeau du saint fut le siège de nombreux miracles. Le chroniqueur franc Grégoire de Tours rapporte qu'une jarre de vin vide, placée par les religieuses près du tombeau du saint, se remplissait instantanément si l'on versait une seule goutte d'eau bénite.
Enfin mi-novembre, le soleil est le dernier don de Martin aux vignerons, pour faciliter le travail d'automne : brûler et replanter. Ces miraculeux derniers beaux jours s'appellent, en Touraine l'été de la Saint-Martin (le 11 novembre). Autrefois, le 11 novembre, à la Saint Martin, les Tourangeaux "martinaient ", c'est-à-dire goûtaient le vin nouveau ou la bernâche, en mangeant des marrons chauds.
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